mercredi 22 avril 2020

Biscuits Granola®️


Confinement oblige, on cherche des occupations et une de mes occupations favorites à moi, c'est flaner sur Insta, source inépuisable d'inspiration. Parfois, je tombe sur une photo et hop de suite faut que je teste la recette, sinon ça me trotte dans la tête et ça ne me lâche plus!
2 fois je suis tombée sur une superbe photo de Biscuit Granola fait maison, 2 x j'ai tenté de me raisonner... (je venais de faire une fournée de Muffins banane-chocolat et mon pain au lait au tang zhong sortait tout juste du four... pas franchement besoin de rajouter une couche de Granola sur tout ça...) Mais l'appel du  biscuit a été plus fort que ma raison. Ni une deux, j'me suis extirpée du canap', j'ai griffonnée la recette sur un bout de papier et de suite, elle m'a rappelé celle des Digestives Biscuits (ces biscuits anglais au goût plutôt rustique du fait de l'utilisation de farine complète et de flocons d'avoine), manquait juste l'avoine... éléments qui me semblait tout à fait indispensable pour mon palais (à la fois pour le goût et la fine texture croustillante qu'il allait apporter), du coup, petite modif perso, mon granola maison à moi, il aura un supplément avoine.
J'étais impatience de goûter au résultat, j'avais hâte de voir si le challenge du "je tente de reproduire un biscuit industriel" allait être réussi ou s'il allait s'avérer être un échec cuisant. Au pire, même si c'était un raté, ça aurait au moins eu le mérite de m'occuper les mains et l'esprit un petit moment et de me faire passer le temps.
Il y a très peu de biscuits industriels qui trouvent grâce à mes yeux. Ça n'est pas question de goût, c'est juste une question de composition. Parce qu'ils sont franchement trop forts à nous faire des trucs hypers bons au goût avec que la 💩. dedans. Sérieusement, quand on prend le temps de lire les étiquettes, on flippe pour sa vie et on se dit que ça peut valoir la peine de s'extirper du canapé pour faire du fait maison!!!
 J'avoue un penchant pour le Petit-Beurre, le petit brun et le biscuit Thé. Mais c'est complètement lié à mes souvenirs d'enfance. Ma grand-mère avait toujours un paquet d'un de ces 3 là dans sa grande armoire qui trônait dans la pièce de vie de son petit chez elle. Quand on passait notre mercredi après-midi ensemble, on se tapait le paquet entier devant les Feux de l'Amour. A l'époque je me souviens que les Thé étaient disponible dans de grandes boîtes métal au look très seventies... (quasi 2 kg de biscuits là dedans!). J'avais hâte qu'on finisse la boîte parce qu'après je pouvais la rapporter à la maison, elle me servait à ranger tous mes petits trésors d'enfant si chers à mes yeux. Ma grand-mère à disparu depuis longtemps maintenant et les boîtes métal aussi... Mais les souvenirs restent et parfois j'avoue acheter un paquet rien que pour me replonger 30 ans en arrière, blottie dans le canapé, la télé en bruit de fond... Victor lui est toujours là, comme quoi...
Je ne sais pas si ma grand-mère aurait aimé les granola, sûrement que oui gourmande comme elle était; moi j'avoue que même si je n'irai pas jusqu'à faire n'importe quoi pour un granola (à part ça on est pas conditionné par la pub 😅), s'il m'en passe un sous le nez je dis pas non! Plus que l'Original, le bruit de céréales correspond plus à mon palais et c'est ce côté brut que j'avais envie de retrouver dans ma production maison, d'où l'ajout d'avoine. J'ai utilisé du son puisque c'est ce que j'avais dans mon placard, mais des flocons d'avoine légèrement mixés ou même des germes de blé ou encore du son de blé peuvent parfaitement convenir. Et si vous n'avez rien de tout ça, remplacez par de la farine complète, ils seront moins rustiques et moins "croustillants" mais très bons quand même.
Au final, le challenge est plutôt réussi. il y aura toujours une différence avec l'industriel, mais est-ce que c'est pas plus mal finalement??
Et si vous avez envie de vous essayer aux , c'est par ICI que ça se passe


Pour une vingtaine de Granola
(source avec petites modifications personnelles: Ma cuisine du Dimanche)


125 g de farine type 45 ou 55
50 g de farine complète/ intégrale type 150 (il s'agit d'une farine riche en germes de blé et en fibre, donc très nutritive, la moins raffinée des farines de blé et avec un goût céréale bien prononcée. Elle se trouve très facilement en magasin BIO)
25 g de son d'avoine (ou de blé, ou flocons d'avoines ou germes de blé, au rayon BIO ou produits diététiques)
3 g de levure chimique
60 g de cassonade/ sucre roux
75 g de beurre 1/2 sel 
40 g d'eau glacée
*
100 g de chocolat noir ou lait pâtissier (attention, avec du chocolat au lait, le résultat sera davantage sucré en bouche)


1 heure avant, sortir le beurre afin de le ramollir.
Verser dans la cuve d'un robot les farines, le son d'avoine (si vous utilisez des flocons, il faudra les mixer légèrement, l'idée n'étant pas d'obtenir une texture farine, mais quelque chose de grossier. Inutile de le faire si vous utilisez des germes ou du son de blé), la levure et la cassonade. Mélanger à la cuillère. Ajouter le beurre ramolli coupés en dés. Travailler à la FEUILLE jusqu'à l'obtention d'un sable bien régulier (ça peut aussi se faire à la main). Ajouter l'eau sans cesser de mélanger (vitesse 1) et laisser tourner le robot jusqu'à ce qu'une pâte homogène de se forme. Ramasser en boule (elle est un peu collante, c'est normal), filmer et réserver au réfrigérateur au moins 2 heures. La pâte doit être reposée sinon elle se rétractera à la cuisson.
Préchauffer le four à 180°
Une fois la pâte bien reposée, l'étaler entre 2 feuilles de papier cuisson -moi j'utilise des tissus de cuisson réutilisables, je vous les conseille fortement!!- (sans ajouter de farine, il ne faut pas modifier la texture de la pâte) sur au moins 3 mm d'épaisseur. Détailler à l'aide d'un emporte-pièce de 6 cm de Ø. Placer au congélateur 5 min (pour pouvoir les décoller et les déplacer facilement) et les déposer sur une plaque à pâtisserie recouverte d'un feuille de silicone.
Cuire 17 min en surveillant: la coloration doit être blonde foncée uniforme, il est possible de pousser la cuisson jusqu'à une coloration très soutenue, mais dans ce cas, les biscuits seront moins friables en bouche, ils seront plus cassants.
Laisser refroidir (à la sortie du four, les biscuits sont encore un peu souples, il ne faut pas les toucher, ils pourraient se casser. Ils vont durcir en refroidissant).
Mettre le chocolat à fondre.
Tremper le dessus de chaque biscuit dans un peu de chocolat et laisser cristalliser à t° ambiante.


Petit retour d'une lectrice qui les a préparé en version sans gluten que je vous livre ici,
Merci beaucoup Elisa :)
"Pour aujourd’hui, j’ai réalisé vos délicieux granola.
Compte tenu de l’intolérance au gluten de ma fille, j’ai utilisé de la farine de riz complet, farine de millet Brun, farine de châtaigne et Maïzena en substitution de la farine de Blé. Le son d’avoine (version sans gluten) ajoute un délicieux goût céréales.
100 g de farine de riz complet, puis 25 g de farine de Millet brun, 25 g de farine de châtaigne et 25 g de maïzena"


mardi 21 avril 2020

Muffins Banane-Chocolat


Je suis aux anges! depuis quelques jours, ma peau semble retrouver une nouvelle jeunesse, c'est bien simple, on dirait que je suis retournée 25 ans en arrière, je retrouve mon visage d'adolescente!!! Ce confinement est une véritable cure de jouvence. Chaque jour, un nouveau bouton. Mais attention 🔺 le nouveau ne prend pas la place d'un ancien, non non non... ils s'additionnent 🤗. Je me console en me disant que planquée sous un masque ça passera peut-être inaperçue...
Alors je ne saurais dire si cela est une conséquence du stress que ce confinement peut engendrer ou si ça vient simplement du fait que je mange quand même carrément un chouïa plus que d'habitude... 
Du coup, pour tenter d'éradiquer tout ça, on a prit une grande décision avec mon homme: on s'est mis au sport. 2x par jour on fait la chaise 💪 et le reste du temps, on fait surtout de la chaise longue 😅 Et entre 2 chaises on cuisine, cuisine qu'il faudra ensuite éliminer (c'est sans fin... un peu comme ce confinement).
Là, je venais juste de finir un pain au lait au thang zhong, je n'avais utilisé que 110 g de lait, le restant, j'l'ai mis dans une pâte à muffins pour pas gâcher. Faut dire aussi que cette petite banane solitaire qui me regardait depuis quelques jours l'air de dire "tu vas me laisser encore longtemps dépérir comme ça à vu d'oeil" ça m'a foutu le bourdon. J'y ai vu un signe qu'il y avait urgence, c'était plus qu'une question d'heures!
Depuis que ma copine m'a partagée sa recette de muffins, j'en fais des fournées et des fournées. Si on m'avait dit il y quelques mois de ça que je deviendrais accroc au muffins je n'y aurais jamais cru, parce qu' honnêtement, jusqu'à présent, le muffin c'était pas franchement ma tasse de café (ouais, j'aime pas le thé). Non mais c'est vrai, le truc est bon à la sortie du four et pour encore quelques heures et puis ensuite sans qu'on sache trop ni pourquoi ni comment il se transforme en une espèce de bric hyper dure ultra sèche! Adieu moelleux et humidité, bonjour l'étouffe chrétien, une véritable arme de destruction massive, tu veux te débarrasser d'un ennemi: tu lui offres une fournée de muffins!  Non mais c'est vrai, que celui qui n'a jamais manqué de s'étouffer avec un muffin lève la main, chui sûre que ça nous est arrivé à tous un jour ou l'autre.
Mais là, la recette de la cop elle est top de chez top!!!
J'ai hésité à la remettre, après tout je l'avais déjà partagée, et vous êtes nombreux déjà à l'avoir testée (et vos retours sont plus qu'élogieux je vous en remercie 🙏), mais j'ai réalisé que dans mon post précédent, je n'avais peut-être pas suffisamment détaillée mes petites astuces pour arriver à faire de bien jolis muffins et surtout qui vont rester moelleux un peu plus longtemps que quelques heures (faut pas rêver, ça va pas durer des jours non plus, on parle quand même de muffins hein). Et puis je dois aussi vous avouer que j'avais bien envie de vous partager mes petites photos que je trouvais trop choupies  mignonnettes... Oui, un peu d'auto congratulation ça faut pas de mal, parce qu'en cette période avec zéro lien social c'est pas toujours évident de garder le moral 😅 et franchement, les faire juste pour les faire et pour les laisser dans l'ordi ç'aurait été dommage non??
Bon bref, revenons-en à mes petites recommandations. 
Alors déjà, ça fait longtemps que j'ai mis les plaques à muffins au rebut.
J'utilise toujours des petits moules individuels un peu hauts, déjà parce que du coup on peut mettre plus de pâte et que donc CDFD ça fait de plus gros muffins (et s'ils sont plus gros, ils sèchent moins), mais aussi surtout parce qu'ils ressortent du four bien gonflés régulièrement, tout dodus tout gourmands! Oui parce que j'ai remarqué que quand on cuisait les muffins sur une plaque à plusieurs alvéoles, ils avaient toujours tendances à pousser de traviole, ça part dans tout les sens c'est du grand n'importe quoi, sans compter ceux qui décident de carrément pas lever! le muffin anarchiste qui reste plat, y en a toujours un sur la fournée! Alors qu'avec la cuisson dans des moules individuels, je n'ai jamais eu ce problème, ils poussent tous bien droits et surtout très régulièrement, y en a jamais un plus haut que l'autre, de parfaits petits clones gourmands.
Pour cette fournée ci, c'était donc banane-chocolat, le genre d'association qui mérite bien qu'on lui ajoute une petite rasade de rhum... Paf, à peine sortis du four, on les arrose. Je vous dis pas l'odeur que ça dégage!! Et du coup en plus du goût terrible que ça apporte, ça permet aussi de gagner en moelleux. Alors là, je vois déjà se profiler les réflexions: oui mais non, parce que les enfants... Eh ben j'ai envie de te dire 🤷‍♀️🙈🙉🙊 voilà voilà 😝 (bon sinon, y a aussi l'option d'en arroser qu'une partie pour les adultes, comme ça tout le monde est content). 
Dernière chose que je fais: je les laisse chacun dans leur petit moule et avant qu'ils aient refroidis je les filme chacun individuellement ça les isole et donc ça les protège, et après hop, dans une boîte qui ferme. Je fais ça uniquement pour ceux que je sais que je ne vais pas manger dans la journée, parce que ceux là, ils ont encore la chance d'avoir un petit côté croustillant et ça serait vraiment dommage de le perdre.
Bon aller je file, j'ai un peu de sport à faire... Non j'déconne!



Pour 8 gros Muffins 
(j'utilise des moules individuels en silicone ø 7,5 - h 6 - 150 ml -clic-)


Mélange 1
250 g de farine type 45
10 g de levure chimique
100 g de sucre
-
Mélange 2
3 oeufs entiers
100 g de beurre 1/2 sel fondu
150 g de lait
QS vanille en poudre
-
garniture:
100 g de pépites de chocolat noir
1 grosse banane (ou 2 petites) bien mûre coupée en rondelles de 1 cm
QS amandes effilées
-
1 bouchon c à s de rhum arrangé à la vanille par muffins


Préchauffer le four à 180°
Fondre le beurre au micro-ondes avec le lait. Ajouter la vanille et laisser Tiédir.
Ajouter les oeufs et fouetter au fouet à main.
Verser la farine, le sucre et la levure dans un saladier. Mélanger. Creuser un puits et verser le mélange 2 tiédi. Travailler à la maryse sans trop insister et ajouter les pépites de chocolat.
Déposer les moules individuels en silicone sur une plaque à pâtisserie perforée.
Verser 1 c à s d'appareil par moule, ajouter bien au centre 1 rondelle de banane, couvrir d'une nouvelle cuillère d'appareil, ajouter une nouvelle rondelle de banane et terminer par un peu d'appareil (les moules doivent être remplis jusqu'à un peu plus de 2 cm du bord). Saupoudrer généreusement d'amandes effilées (en plus d'apporter une touche croustillante, ça isole la pâte et donc retarde le dessèchement).
Cuire 20 min en surveillant la coloration. 
Sortir du four et sans les démouler verser de suite sur le dessus de chaque muffin 1 grosse c à s de rhum (j'utilise toujours un rhum arrangé à la vanille pour la pâtisserie, parce que je trouve son parfum incomparable, mais ça marche avec n'importe quel rhum). Laisser s'imbiber et tiédir légèrement les muffins, puis, toujours sans les démouler, les filmer un à un (uniquement ceux qui ne seront pas consommés dans la journée et que vous voulez conserver 1 jour ou 2). Les conserver dans une boîte hermétique.


dimanche 19 avril 2020

Pain au lait au tang zhong


Depuis le début de ce confinement, je ne vous ai proposé aucune recette de boulange (bien que ça soit typiquement le genre de recettes que vous recherchiez), et pour cause: je n'en ai pas fait. En fait si, je vais pas vous mentir, j'ai tenter une recette de Baguettes magiques: une recette sans pétrissage, sans façonnage, qui a magiquement fouarée! Impossible de remettre la main sur ma plaque à baguettes, alors à la guerre comme à la guerre (bah oui, il paraît qu'on est en guerre 😳), je les ai directement mise sur une plaque à pâtisserie... et pour le coup, oui elles ont gonflées, mais dans le sens de la largeur, pas du tout de la hauteur!! bref, échec visuel complet et gustativement franchement pas top. On oubli vite et on passe à autre chose!! 
Faut dire qu'à la maison on a nos habitudes en termes de pain, déjà on consomme très peu de baguette, parce que la baguette si tu la manges pas dans la 1/2 journée, c'est soit elle devient toute ramollo, soit complètement sécos et je suis pas fan ni de l'option 1, ni de l'option 2. 
Non, nous on aime les pains à l'ancienne, les trucs qui vivent, qui chantent, qui pèsent lourd, qui ont du goût, de l'odeur et de la résistance au temps! Je pourrais faire des kilomètres pour aller acheter un bon vieux pain de campagne au levain avec ou sans ajout de graines, avec cette croûte épaisse merveilleusement caramélisée et sa mie parfaitement alvéolée, bien grasse et tellement parfumée et je ne vous parle même pas des tourtes de seigle qui deviennent du gâteau au fil de leur vieillissement!!!! (amis lyonnais, si vous ne connaissez pas, il faut absolument que vous poussiez la porte de chez Partisan, Paume de Pain ou encore de chez Antoinette!!! malheureusement ces 3 là sont beaucoup trop loin de la maison 😭). Le genre que pain que tu peux acheter le dimanche qui te fera toute la semaine et que tu dégusteras avec toujours autant de plaisir!
Confinement oblige, il est évident que je ne vais pas sortir tous les jours acheter ma baguette de pain que déjà en temps normal je n'achète pas (surtout que le fournil en bas de chez moi, bah c'est pas une boulangerie et c'est encore moins du pain, tout juste du caoutchouc!!). C'est un peu comme si je décidais aujourd'hui de comme de par hasard me découvrir une passion pour le jogging alors que j'ai toujours eu ça en horreur et que je décède au bout de 10 m à cracher mes poumons et devenir pivoine ... ou que je sortais promener le chat 3x par jour pour sa pause pipi (rigolez pas j'en ai vu le faire 😐). Du coup c'est vrai qu'on consomme moins. Mais moi, ça ne me dérange pas qu'il n'y ai pas de pain à chaque repas, je peux facilement m'en passer, et comme, je préfère ne pas consommer que mal consommer le problème est vite solutionné. 
Après mon échec avec les baguettes (et le fait que j'ai promis à mon homme de plus recommencer... il a bien fallu se les manger les fameuses, je pense qu'il a cru un moment que je tentais de me débarrasser de lui), je me suis dit que j'arrêtais avec le pain, faut se faire à l'évidente évidence, la boulangerie c'est un métier et c'est clairement pas le mien 😅. Seulement voilà, quand t'as les copines (coucou Sabrina, coucou Isa 👋) qui publient leur photos de pains juste trop 😲😳😵, tu te dis que mince, y a pas de raison que tu n'y arrives pas aussi!! après tout, avec un peu, beaucoup, énormément de travail et de patience et des kilos de farines (qu'on a pas), tu devrais arriver à sortir un truc à peu près potable, mangeable et visuellement pas trop lamentable. Le problème, c'est que les copines, elles bossent au levain...  Comment vous dire que je n'ai ni la patience, ni le temps, ni l'envie de me prendre la tête à devoir m'occuper d'un levain. Oui, parce que le levain, c'est du boulot, de l'attention, beaucoup d'attention et que c'est le genre de truc qui te pardonne pas si tu l'oublis sur le coin du plan de travail ne serait ce qu'une seule petite journée!! Alors quand on sait qu'il m'arrive parfois d'oublier de nourrir le chat, penser que je vais penser à nourrir un truc qui ne miaule pas pour m'engueuler parce que je l'ai zappé est plutôt illusoire! non, clairement, j'ai trop la flemme pour me lancer dans un truc pareil...
Enfin, ça, c'était avant le confinement. Parce que voilà, la copine elle m'a mit cette idée là dans la tête et hop, plus moyen de m'en débarrasser! Ah elle peut être fière d'elle!!! A force de publier des trucs trop chouettes fait avec son levain, eh ben j'avais lancé le mien (Bubulator vivait ses 1ères heures, vous noterez le degré zéro de l'originalité de son p'tit nom); de toute façon, c'est couru d'avance, dans 2 jours, elle aura sa mort sur la conscience.
Alors clairement, c'est bien ce que je pensais, s'occuper d'un levain c'est ultra chiant!!
Déjà, faut anticiper le truc 1 semaine avant... ensuite faut lui trouver un grand bocal en verre pour qu'il puisse grandir et pleinement s'épanouir (y en aura au moins un d'épanouie dans cette histoire...), et puis il faut respecter des temps de pause (24h) et surtout faut pas oublier de le "nourrir" sinon, il trépasse et ça, ça peut aller jusqu'à 2 x par jour!!! et en plus il lui faut une certaine t° (Monsieur est bien à 25°, tu m'étonnes, qui n'est pas bien à 25°!). 
Bon bah voilà, jour 6 me voici l'heureuse propriétaire d'un beau levain... il a fait de grosses bulles (il chante quand tu colles l'oreille sur le bocal, y a d'la vie là dedans!) son volume s'est multiplié par 3 (un peu comme le mien) et une odeur typique se dégage. Contre toute attente, il semblerait que j'ai pas fouarré le truc.
L'idée maintenant c'est de trouver de quoi l'utiliser... je l'ai quand même pas fait pour rien ou juste pour le plaisir d'utiliser de la précieuse farine inutilement!
Allez hop, un pain cocotte m'aura permis d'en utiliser plus des 3/4, mais il m'en restait un peu, et comme ça me faisait de la peine de le laisser mourir et que j'étais entrain de préparer un pain au lait au tang zhong (à mes souhaits), voilà comment le restant s'est retrouvé dedans... ça tient à peu de choses parfois 😅
Le pain au lait au tang zhong. Ça fait des années que je fais cette recette et pour autant, je n'ai jamais pris la peine de la partager ici, peut-être parce qu'on la trouve déjà un peu partout et certainement surtout par manque de temps. Aujourd'hui j'ai le temps et je dois aussi vous avouer que je l'ai trouvé tellement réussi que je me suis dit que j'étais juste obligée de partager ça avec vous!
Alors le pain au tang zhong quoi est-ce? En fait, c'est plus une méthode qu'une recette à part entière. 
Cette façon de faire nous vient d'Asie, d'où exactement, ça reste flou, mais peu importe, l'idée c'est de réaliser un empois de farine: on cuit de la farine avec de l'eau à 65° pour provoquer la gélatinisation de son amidon et donc considérablement développer son gluten, ce qui aura pour effet d'améliorer la texture finale de la pâte dans laquelle il sera incorporé, rendant la mie incroyablement douce, moelleuse et ultra filante et ce sans qu'il y ait besoin de mettre la plaquette entière de beurre! Comment arriver à sauver son summer body en mangeant quand même de la brioche 💪
Autre élément important de la méthode: la manière de façonner la pâte. Après le repos, il faut la diviser en 4, 5 ou 6 morceaux égaux, ensuite, chaque morceau devra être étalé puis plié en portefeuille (un peu comme si vous faisiez une pâte feuilletée) puis roulé sur lui même et enfin mis en moule. 
J'ai toujours vu cette recette déclinée en forme allongée, mais moi, j'aime bien me différencier, ne pas faire comme tout le monde alors mon pain au lait à moi il sera tout rond tout dodu. Faut dire aussi que j'en ai un peu marre des formes cakes, j'ai fait trop de cakes ces derniers temps!
J'ai utilisé mon moule à charnière que j'avais acheté exprès pour faire un Panettone que j'ai jamais fait 😅 ce qui m'a permis d'obtenir un pain au lait très haut, vraiment dodu.
Alors très sincèrement, je ne saurais vous dire si le fait que j'ai ajouté du levain à la recette initiale (j'ai conservé exactement la même quantité de levure) a changé quelque chose ou non au résultat final, peut-être aurait-il été tout aussi réussi sans, peut-être que j'avais simplement les bonnes vibes ce jour là, toujours est-il que pour avoir plusieurs fois réalisé cette recette, c'est la 1ère fois que je le trouve à ce point réussi. La texture de la mie est encore plus incroyable que d'habitude, et avec ce petit goût en plus ultra plaisant.
Mais malgré cette réussite, cette semaine passée à devoir m'occuper de Mr Bulles (ouais, je lui ai changé de nom en cours de route) m'a vraiment conforté dans l'idée que le levain c'est pas fait pour moi! je pense que c'est un travail de recherches très intéressant, mais pour l'instant, j'ai pas eu le déclic... un jour peut-être. Alors je laisse le plaisir de boulanger au levain à mes copines, moi, je continuerai à aller acheter mon pain chez les passionnés qui font ça tellement mieux que moi, et je vais rester dans ma zone de confort à moi: faire des gâteaux!!
Vous l'aurez compris, inutile de venir me poser des questions au sujet du levain, le pourquoi du comment il faut faire, lève pas, bulle pas ou sent pas comme il devrait, parce que je serai bien incapable de vous répondre 🤷‍♀️!
Comme je vous le disais, cette recette habituellement, je la fais sans ajouter de levain, si vous n'en avez pas, et que vous n'avez pas envie de vous lancer dans l'aventure (je comprends pas pourquoi d'ailleurs, parce que je l'ai quand même vachement bien vendu le truc) faites sans, par contre si vous en avez, essayez et surtout venez me dire si vous aussi, vous avez trouver que le résultat était extraordinaire.


Pour un moule à charnière à panettone Ø 16 - h 13 cm
source recette avec modifications personnelles C'est ma Fournée



12 heures avant au minimum, préparer le tang zhong:
20 g de farine type 45
100 g d'eau
= mélanger au fouet à main et placer sur feu doux sans cesser de remuer jusqu'à ce que le mélange épaississe et atteigne 65°.
Verser dans un petit récipient, filmer au contact et réserver au frigo pour au moins 12 heures.


5 g de levure de boulangerie sèche (au 15 g de fraîche)
110 g de lait (entier si possible)
350 g de farine type 45
7 g de sel
50 g de sucre
10 g de lait (entier) en poudre
1 oeuf
30 g de beurre mou
le tang zhong (normalement 100 g)
100 g de levain liquide (facultatif) (je vous laisse filer chez Sabrina, ses explications seront bien plus claires que si je m'y risque!)


Dans la cuve d'un robot, délayer la levure de boulangerie déshydratée dans le lait chauffé à 30°. Remuer et laisser reposer 10 min jusqu'à ce que la levure soit entièrement dissoute.
Ajouter la farine, le sel (attention à ce qu'il n'entre pas en contact avec la levure) , le sucre, le lait en poudre, l'oeuf et le beurre ramolli en dés. Ajouter le tang zhong reposé et le levain.
Pétrir 10 min sur vitesse 1 à la feuille. La pâte est encore très collante, c'est normale.
Débarrasser dans un grand récipient. Couvrir au contact d'un film étirable (pour éviter à la pâte de croûter) et laisser reposer à t° ambiante 2 heures. La pâte aura alors doublée de volume.
Fleurer légèrement le plan de travail et se fariner les mains.
Bouler la pâte jusqu'à ce qu'elle ne colle plus aux doigts.
La diviser en 4 morceaux égaux (moi j'ai obtenu 4 x 180 g).
Etaler un 1er pâton dans le sens de la longueur. Rabattre en portefeuille. Faire 1/4 de tours (c'est un peu comme si on faisait une pâte feuilletée), étaler de nouveau et rouler la pâte sur elle-même pour obtenir un boudin. Bouler de sorte à obtenir une jolie forme bien ronde, bien ferme et très lisse. Placer dans le fond du moule préalablement graissé (j'utilise une bombe de graissage).
Procéder de même avec chaque pâton.
Laisser reposer 1h30 à t° ambiante sous un linge sec, à l'abri des courants d'air, idéalement dans une pièce entre 20 et 25°
Préchauffer le four à 180° avec un petit récipient rempli d'eau.
Dorer légèrement le pain au lait au pinceau avec 1 oeuf entier mélangé à 1 pincée de sel et 1 c à c de lait.
Cuire 45 min (sans retirer le récipient d'eau). Surveiller la coloration et vérifier la cuisson, si besoin prolonger un peu.
Retirer du four et laisser tiédir avant de décercler délicatement.
Déguster tiède c'est encore meilleur!!!
Attention, on n'utilise pas de couteau, on s'arrache un énorme petit morceau et on apprécie ainsi pleinement la texture ultra filante de la mie.


jeudi 16 avril 2020

Coquillotto


Alors j'ai envie de te dire que si tu n'as pas encore fait ton pain maison, cousu ton propre masque dans un vieux slip tee-shirt 2 be 3 (ça marche aussi avec GSquad) ni des coquillettes cuisinées façon risotto, t'as raté ton confinement! Mais bon, vu qu'il va durer encore... t'as encore le temps de te rattraper!
On va pas se mentir, la recette qui tourne en boucle en ce moment, c'est clairement la croquante gourmande, fondante recette de coquillotto de Cyril Lignac.
Alors bon, j'ai rien contre la coquillette, même que j'adore cette petite pâte et son goût unique, par contre la coquillette jambon, toute cuisinée façon risotto soit-elle, et à grand renfort de crème et fromage, suis carrément pas prête! J'ai plus 4 ans et j'ai pas la gastro (pour le coup ça serait sans crème ni fromage... triste!). 
Mais l'idée de la pâte cuite façon risotto ça faisait un moment que je l'avais zieutée et que je voulais la concrétiser, j'avais même acheté il y a quelques mois des orecchiette pour nous cuisiner un plat sympa avec petites palourdes, coques et pesto. Mais voilà, entre temps mon homme est passé par là, plus trace des fameuses orecchiette... et puis de toute façon comme je n'avais pas non plus de palourdes ni de coques 😅. Et puis de toute façon je n'avais finalement que des coquillettes... ça allait finir en coquillettes à l'eau, sans jambon ni rien du tout, voilà, t'avais cas pas critiquer, t'es puni!!
Là, le frigo crie gravement famine. Je peux même dire qu'il tourne quasi à vide. J'ai épuisé au max tout ce qu'il contenait. Etat des lieux catastrophique! 1 blanc de poireau, ½ oignon frais (enfin, frais c'est vite dit), 1 restant de bouquet de persil à moitié fané et 2 oeufs qui se battent en duel... Et en dehors du frigo, c'est guère mieux: 2 patates qui commencent à germer (j'ai très envie de les planter pour voir ce que ça va donner, j'ai déjà planté 4 pois chiches oubliés d'après la préparation des falafels qui avaient germés et qui commencent à joliment sortir de terre .. en fait, j'ai envie de planter tout ce qui me tombe sous la main: plantator la terreur du confinement!!) et un survivant de cet hiver, j'ai nommé le potimarron, l'indestructible; sérieux, je suis sûre que lui jamais il va germer parce que jamais il va pourrir, dans 10 ans il est encore là!! Enfin, on le saura jamais, parce que j'l'ai transformé en coulis! Bah oui parce qu'en fait la perspective de coquillettes à l'eau m'enchantant pas plus que ça, je me suis auto imposée THE épreuve top chef: cuisine un plat complet avec les moyens du bord. Autant vous dire que j'ai pas fait la maline pendant un moment plantée comme une coquillette nouille devant mon frigo tout décharné. Mais finalement, je me suis dit que je n'étais pas si mal lotie que ça et qu'avec tout ce que j'avais j'allais arriver à faire un truc sympatoche. Au menu, ce sera donc coquillotto (bien plus mignon rigolo que risotto de coquillettes, et en plus tu peux le faire avé l'accent: coQUIllÔttÔ), avec petite fondue de poireau, coulis de potimaron (on est d'accord, c'est carrément plus la saison, et les cucurbitacées oubliées de l'hiver il doit pas en rester tant que ça dans vos cuisines confinées), alors no panic!! le coulis, tu peux aussi le faire avec du poivron, du petits pois, ou mieux encore, de la patate douce ou même une conserve de marrons au naturel! et un petit oeuf poché parce que faute de mascarpone, tu cherches l'effet crémosso avec les moyens à disposition 😋
Quand j'ai posé l'assiette devant Monsieur, il a semblé très dubitatif; déjà, la coquillette, lui il aime pas (j'ai pas manqué de souligner que j'aurais bien fait un orecchiettetto mais bon...) et comme je ne lui avait pas dévoilé ce qui se cachait sous la coquillette pour conserver l'effet surprise, je concevais bien que c'était moyen engageant vu comme ça... "Faut crever l'oeuf et tout touiller pour tout bien mélanger". Déjà là, ça lui a semblé bien plus appétissant.
1ère bouchée: rien, nada, queud'chi. 2ème bouchée: l'oeil commence à s'illuminer avec petite remontée du sourcil gauche et visage qui hoche légèrement du haut vers le bas. Il m'aura fallu attendre la 3ème bouchée pour enfin obtenir un avis: c'est super bon ton truc! Bah ouais, appelez-moi Etchebest 😆


Pour 2 à 3 personnes


Fondue de poireau
1 c à s d'huile d'olive
1 oignon frais (si possible et seulement le bulbe)
1 à 2 blancs de poireau (le mien était très gros)
1 gousse d'ail
10 feuilles de persil plat
fleur de sel
poivre du moulin
***
Préparer le blanc de poireau en éliminant la racine et la base. Le tailler en 4 dans la longueur et le laver sous l'eau claire en écartant bien. Emincer très finement, mettre dans une passoire et rincer abondamment sous l'eau froide. Egoutter.
Pré-cuire au micro-ondes 5 min à couvert (sans ajouter d'eau).
Dans une grande poêle anti-adhésive, verser 1 c à s d'huile d'olive. Chauffer et y faire doucement suer l'oignon (frais si possible) finement émincé. Ajouter le poireau, l'ail écrasé au presse ail. Saler et poivrer.
Mélanger et laisser fondre à couvert et à feu doux 20 min environ en remuant régulièrement.
Rectifier l'assaisonnement si besoin, Retirer du feu, ajouter le persil haché. Remuer et réserver à couvert.

Coulis de potimarron
1/2 potimarron (250g) cuit
6 cl de fond de veau (prélevé de ce qui a été préparé pour mouiller les coquillettes)
6 cl de crème liquide
sel, poivre
10 g de parmesan
***
Laver le potimarron, le couper, retirer tous les pépins et les fibres. Cuire la moitié à couvert au micro-ondes 10 min. Vérifier la cuisson qui doit être très tendre.
Prélever 250 g environ et placer dans le bol d'un blender. Saler, poivrer, ajouter le parmesan, les 6 cl de bouillon de veau réservés et la crème. Mixer jusqu'à obtenir un coulis bien liquide (on ne veut pas une texture purée, mais plus une texture soupe, au besoin, rajouter un peu de bouillon).
Réserver au chaud.

Coquillettes façon risotto
4 c à s d'huile d'olive
1 oignon
250 g de coquillettes
20 cl de vin blanc sec
1 litre d'eau
1 c à s bombée de fond de veau dégraissé
3 branches de thym frais
sel et poivre
***
Bouillir 1 litre d'eau et y délayer le fond de veau. Prélever 6 cl pour le coulis. Réserver le restant au chaud. 
Chauffer l'huile d'olive dans une sauteuse et y faire suer l'oignon finement émincé sans coloration.  Ajouter les coquillettes et laisser nacrer quelques minutes en remuant régulièrement et toujours sans coloration.
Mouiller avec le vin blanc, ajouter le thym et laisser entièrement évaporer.
Verser le bouillon chaud par petites quantités à la fois (bien attendre qu'il soit bu par les pâtes avant d'en rajouter) et poursuivre la cuisson à feu très doux en ajoutant du bouillon au fur et à mesure qu'il est absorbé et en prenant soin de bien remuer régulièrement. Vérifier la cuisson et assaisonner. 
Réserver à couvert hors du feu le temps de pocher les oeufs et dresser les assiettes.

Oeuf poché
1 oeuf par personne le plus frais possible
une casserole un peu profonde pouvant contenant 1 litre d'eau
5 cl de vinaigre blanc
une fourchette
un ramequin
une petite écumoire
un bol d'eau froide
une assiette recouverte d'une feuille de papier absorbant
***
Porter l'eau à ébullition. Ajouter le vinaigre et reporter à ébullition.
Casser l'oeuf dans un petit ramequin (faire un oeuf à la fois).
A l'aide d'une fourchette, remuer légèrement l'eau afin de créer un petit tourbillon. Verser l'oeuf au milieu de ce tourbillon et réduire le feu: l'eau doit juste frémir durant la cuisson.
Laisser immerger environ 2 min: pour contrôler l'appoint de cuisson, il suffit d'exercer un légère pression du doigt , seul le blanc doit être coagulé, le jaune lui reste crémeux.
Retirer délicatement à l'aide d'une petite écumoire et le plonger quelques secondes dans un petit bol d'eau bien froide pour stopper la cuisson. Egoutter sur une feuille de papier absorbant. Au besoin, les ébarber délicatement pour leur donner une jolie forme bien régulière.

Dressage
(Je vous mets les photos pour vous montrer que je me suis pas juste contenter de mettre des coquillettes dans une assiette 😝)


Dans le fond d'une assiette creuse, déposer la moitié de la fondue de poireau (1). Ajouter autour le coulis de potimarron (2) puis quelques copeaux de parmesan (3) et saupoudrer de graines de courge torréfiées (4).
Recouvrir entièrement de coquillettes cuites et terminer par l'oeuf poché. Arroser d'un mince filet d'huile d'olive, saler à la fleur de sel l'oeuf et donner un tour de poivre du moulin. Ajouter de nouveau quelques copeaux de parmesan et servir de suite.
Crever l'oeuf et mélanger le tout.


Je vous épargne la photo du blougiboulga final 😋

mardi 14 avril 2020

Epinards et pois chiches comme à Séville



J'ai poncé tout ce que j'avais sous la main. Faute de farine, c'est de la suie de bois que j'me suis mis dans l'nez. La table de la cuisine a retrouvé une nouvelle jeunesse, mieux, on dirait qu'elle est toute neuve sortie du magasin! Oui parce qu'en fait, un jour mon homme est rentré de chez Confo avec une nouvelle table de cuisine... en bois 😐, non mais WTF, t'es au courant que moi je cuisine ni du Marie ni du Findus?? Que je pétris, je coupe, j'émince, je boule, bref, je cuisine sur ma table de cuisine??? (elle est pas juste là pour faire déco de catalogue, parce que oui, c'est vrai, elle est jolie) et que clairement bah une table en bois, c'est pas ce qu'il y a de plus franchement adaptée à une cuisine où on cuisine! (et je vous vois venir alors j'anticipe: aucune toile cirée ou autre nappe ne rentre dans ma cuisine, on est pas chez mamie Suzette! j'ai une sainte horreur de ça!)
Evidemment ça n'a pas loupé, 1 semaine après c'était le carnage. Tâches d'eau, de gras, coups de couteau, marques de brûlures: un vrai visage d'adolescent dans la fleur de l'âge. J'ai pas enfoncé le clou au point de lui dire j't'avais prévenu, mais j'avais bien envie quand même (parce que moi je l'aimais bien ma vieille table formica année 70 hyper moche mais indestructible et trop pratique avec ses doubles rallonges, et que je l'avais un peu encore en travers de la gorge, clairement j'avais pas fait le deuil).
Faute de temps (et surtout de motivation je dois bien l'avouer), on a laissé dans l'état et donc aussi s'aggraver encore plus la situation, franchement, pour moi, c'était irrécupérable!
Mais là, on pouvait plus se défiler et se trouver de bonnes excuses pour repousser à plus tard! Alors on s'y est mis à 2 et c'était pas du joli! ça a été un carnage de poussière, de transpiration, de courbatures, mais on y est arrivé!!! Après triple couches d'huile ultra résistante spéciale plan de travail, la voilà comme neuve! Ça m'a tellement motivé que derrière j'ai enchaîné avec la table de jardin et que j'ai failli attaquer celle du salon; appelez moi ponssator!!!  Bon, j'ai dû m'arrêter dans mon élan, quand j'ai réalisé que si je ponçais/huilais toutes les tables de la maison on allait devoir finir par cuisiner et manger sur le carrelage pendant 3 semaines... ça m'a calmé direct!
Alors forcément, qui dit table de cuisine off, dit qu'il va falloir cuisiner du fastoche sans trop de prépa ou du moins de la prépa qui peut se faire sur un bout de 5 cm de large soit, la largeur du rebord de l'évier...

J'ai profité du confinement pour faire un peu le trie dans les photos (le chantier est colossale!), alors soit suis maso soit cucu, mais j'ai commencé par les photos de vacances! 
Je suis repartie en Bretagne, à Budapest, Lisbonne, Porto, Athènes (la Toscane c'était trop frais, ça m'aurait fait trop de mal)... et j'ai fini par l'Andalousie avec Cordoue, Grenade et ma préférée Séville. Séville, mais que cette ville est belle!!! Et qu'est-ce qu'on y a bien mangé!!! Le 1er soir de notre 1er jour, on s'était installé sur les chaises hautes devant le comptoir d'une petite Taberna (taberna águilas, Calle Águilas 10, pour ceux qui y passeraient et voudraient un endroit sûr pour manger typique et bon). Je me souviens avoir voulu commander tout ce qui était écrit sur l'ardoise accrochée au mûr, mais mon homme a été plus raisonnable que moi, et m'a dit, on commande chacun 2 "tapas" et une assiette de fromages et on se partage le tout... (rabat joie!), donc pour moi, ce fût un verre de salmojero et des espinacas con garbonzos. Et cette petite chose si simple que des épinards aux pois chiches (certes baignant dans 1 litre d'huile d'olive et accompagné de petits croûtons à l'ail et à l'huile 😨 -ils y craignent pas trop l'huile d'olive...) a été une révélation! Moi qui ait toujours raffolé et des épinards et des pois chiches autant vous dire que j'étais aux anges (et que du coup j'ai pas partagé mon assiette 😝). A chaque fois que je l'ai pu j'ai choisi cette tapa tout le long de notre séjour!
Toutes ces photos souvenirs m'ont de suite donné envie de faire ma version "confinement" des épinards aux pois chiches (entendez avec ce que j'avais sous la main, je ne prétends donc pas faire la véritable façon de procéder). En plus, c'était idéal, parce qu'en dehors de devoir émincer un oignon, y avait pas trop de boulot, en tout cas rien qui ne pouvait se faire sur moins de 10 cm².
En temps normal, il est évident que j'aurais préparé ce plat avec des épinards frais et j'aurais privilégié de jeunes pousses, là, j'ai utilisé les épinards du congélateur, mais comme ils ressemblaient plus à des arbres qu'à de jeunes pousses, je les ai légèrement mixés (ça m'a vraiment conforté dans l'idée que les épinards frais y a rien de mieux!). On a toujours beaucoup de conserves de pois chiches dans les placards parce qu'on fait assez régulièrement du houmous pour l'apéro, c'est toujours parfait pour y trempouiller une multitude de choses, mais j'avoue que s'il m'était resté des pois chiches secs (les falafels sont passés par là), j'aurais pris le temps de les réhydrater et de les faire cuire moi-même, les pois chiches secs qu'on réhydrate n'ont clairement pas le même goût que les pois chiches en boîte, mais les conditions font qu'on est déjà bien contents de faire avec ce qu'on a!
J'ai vu sur internet que certains servent ce plat avec des oeufs durs, mais je préfère largement la gourmandise d'un oeuf poché qui vient nourrir l'ensemble avec son jaune tout coulant, c'est terriblement gourmand et ça apporte un crémeux et une onctuosité incomparable! Les petits croûtons de pain frottés à l'ail et rôtis à l'huile d'olive sont eux aussi indispensables!! ils apportent du croustillant mais participent également grandement à la gourmandise de ce plat.
Au final, c'est un plat qui se prépare en un rien de temps, très savoureux et qui en plus a le mérite d'être complet. C'est terriblement gourmand et je vous garantis que ça ferait aimer les épinards à n'importe quel récalcitrant.
En plus de nous régaler ça aura eu le mérite de me faire voyager sans avoir eu besoin de me sortir de mon canapé!


Pour 2 personnes
(nous, ça nous a fait 2 repas)







4 c à s d'huile d'olive
1 oignon
4 petites gousses d'ail
1 kg d'épinards décongelés et parfaitement égouttés (idéalement, il faudrait de jeunes pousses fraîches, dans ce cas, prévoir 2 kg, ça réduit énormément)
1 pincée de safran
2 g de sel
poivre du moulin
400 g de pois chiches en boîte (bien égouttés et rincés, garder le jus) -j'aime bien qu'il y ait plus de pois chiches que d'épinards, à vous de mettre la quantité qui vous convient-
100 g de pain dur + ½ baguette de pain un peu rassis
1 oeuf poché par personne (le plus frais possible)
***



Emietter les 100 g de pain dur (il vaut mieux un pain blanc) dans le fond d'un blender. Ajouter le jus de pois chiches et les gousses d'ail et mixer jusqu'à obtenir une "sauce" bien lisse (on dirait presque une béchamel). Réserver.
Découper l'équivalent d' ½ baguette en cubes de 2/2, les frotter à l'ail et les badigeonner d'huile d'olive. Les griller au four jusqu'à ce qu'ils prennent une jolie coloration uniforme. Réserver dans le four éteint porte entre ouverte.
Chauffer 4 c à s d'huile d'olive dans une grande sauteuse anti-adhésive. Y faire suer 1 oignon très finement émincé.
Ajouter les épinards (parfaitement décongelés et égouttés, si besoin les avoir mixés légèrement pour les dégrossir, moi je les mixe quand ils sont encore congelés, on obtient ainsi quelque chose de beaucoup plus régulier). Laisser chauffer sur feu doux en remuant fréquemment. Ajouter le mélanger mixer pain/jus de pois chiche/ail et mélanger bien pour lier le tout. Ajouter les pois chiches, saler, poivrer et ajouter une pincée de safran. Remuer et laisser mijoter sur feu doux (à découvert) le temps de préparer les oeufs pochés.
Oeuf poché:
une casserole un peu profonde pouvant contenant 1 litre d'eau
5 cl de vinaigre blanc
une fourchette
un ramequin
une petite écumoire
un bol d'eau froide
une assiette recouverte d'une feuille de papier absorbant
***
Porter l'eau à ébullition. Ajouter le vinaigre et reporter à ébullition.
Casser l'oeuf dans un petit ramequin (faire un oeuf à la fois).
A l'aide d'une fourchette, remuer légèrement l'eau afin de créer un petit tourbillon. Verser l'oeuf au milieu de ce tourbillon et réduire le feu: l'eau doit juste frémir durant la cuisson.
Laisser immerger environ 2 min: pour contrôler l'appoint de cuisson, il suffit d'exercer un légère pression du doigt , seul le blanc doit être coagulé, le jaune lui reste crémeux.
Retirer délicatement à l'aide d'une petite écumoire et le plonger quelques secondes dans un petit bol d'eau bien froide pour stopper la cuisson. Egoutter sur une feuille de papier absorbant. Au besoin, les ébarber délicatement pour leur donner une jolie forme bien régulière.
Dressage:
Dans le fond d'une assiette creuse, déposer des croûtons, ajouter les épinards aux pois chiches et terminer par l'oeuf poché. Arroser d'un mince filet d'huile d'olive, saler à la fleur de sel l'oeuf et donner un tour de poivre du moulin. Servir de suite.
Moi, j'aime bien crever l'oeuf et mélanger le tout...